Non, la France ne manque pas d’eau : voici les solutions qu’offre la Permaculture

1er octobre 2026 : il a enfin plu à Tournon-sur-Rhône : 18 mm de pluie, ce n'est pas rien. Et pour tous ceux qui ont un jardin, c'est même une bénédiction. Cet été, nous avons passé presque trois mois sans eau, à l’exception d’une pluie au milieu du mois d’août.
Pour bien arroser mon jardin, il me faut entre 3 000 et 5 000 litres d’eau. Et cela ne couvre qu’une partie de mes 2 000 m² de terrain. Ces volumes donnent vite le vertige.
Oui, les sécheresses existent. Mais il faut aussi regarder ce que devient l’eau quand elle tombe. Nous savons trop bien l’évacuer... Mais comment pourrions-nous mieux la ralentir, la faire entrer dans le sol et la garder pour les semaines sèches ? C’est l’une des questions centrales en Permaculture.
18 mm de pluie : combien de litres d’eau ?
Un millimètre de pluie représente un litre d’eau par mètre carré. Avec 18 mm, une toiture de 100 m² reçoit donc théoriquement 1 800 litres d’eau. Sur 1 000 m² de terrain, il tombe 18 000 litres. Ce sont des volumes bruts : on ne récupère jamais la totalité de ce qui tombe sur une toiture ou un sol.
Pourtant, après cette pluie, j’ai regardé mon sol : l’humidité n’avait pénétré que sur 3 à 4 cm environ. Plus bas, la terre était encore sèche. Une seule averse ne pallie pas trois mois de sécheresse.
La vraie question est donc : que pouvez-vous faire concrètement pour capter un maximum d’eau cet hiver et limiter vos arrosages cet été ?
La première réserve d’eau est sous vos pieds
Changer la structure du sous-sol est très compliqué. Généralement un sol sableux restera sableux, et un sol argileux restera argileux. En revanche, vous pouvez agir facilement sur la surface du sol, limiter son tassement et le couvrir. Les racines, les organismes du sol et la matière organique contribuent à créer des espaces où l’eau peut circuler et être retenue.
Vous pouvez commencer avec les ressources disponibles autour de vous : feuilles mortes, déchets végétaux du jardin, broyat d’élagage, fumier ou compost adapté.
Et justement, dans cette vidéo, je vous montre comment récupérer des tonnes de compost gratuitement pour nourrir votre jardin :
Garder le sol couvert aide aussi à réduire son exposition directe au soleil et à la pluie. Avec Marc-Alban, nous avons consacré une vidéo très complète pour vous faire découvrir les solutions au potager, traverser les canicules au jardin et optimiser vos arrosages :
L’eau : ce que les anciens savaient déjà faire
En 2024, 2,1 milliards de personnes dans le monde n’avaient pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité. Ce chiffre de l’OMS fait froid dans le dos, pourtant... Les anciens savaient déjà gérer l'eau.
Les aqueducs romains utilisaient une pente continue sur des centaines de kilomètres et la gravité acheminait l’eau. Aux Philippines, les Ifugaos ont façonné des rizières en terrasses. De nombreux autres peuples, et tous les empires ont su développer leurs propres réponses en fonction de leur climat et de leur relief, pour optimiser la bonne gestion de l'eau
Dans cette vidéo, vous allez découvrir de nombreuses techniques anciennes pour mieux optimiser la gestion de l’eau :
Sur un terrain en pente, ralentir l’eau change tout
Si vos passages ou vos sillons suivent la pente, l’eau peut prendre de la vitesse, entraîner de la terre et quitter le terrain rapidement. En plantant sur les courbes de niveau, vous allez au contraire ralentir l’écoulement et favoriser l’infiltration de l'eau
Dans ma forêt-jardin, j'ai suivi cette logique. Vous allez pouvoir avoir plus de détails dans cette vidéo :
Une mare : de l’eau, des animaux et parfois des moustiques
Une mare peut stocker de l’eau et créer un nouvel habitat. Des libellules, des amphibiens, des oiseaux et d’autres animaux peuvent s’y installer. Sur mon terrain, des gros animaux comme des biches viennent aussi s'abreuver.
Et les moustiques ? Une mare n’est pas automatiquement "un aimant à moustiques". Au contraire. Même si des larves peuvent s’y développer, favoriser un milieu vivant aide à les réguler, car les prédateurs vont pouvoir venir s'installer rapidement. Je vous montre comment j’ai créé mes mares et comment j’aborde cette question dans cette vidéo :
En ville aussi, la pluie mérite notre attention
Toits, routes, parkings, terrasses : la pluie tombe sur beaucoup de surfaces étanches. Elle rejoint alors les réseaux d'égouts et les cours d’eau. Lors d’un épisode intense, évacuer cette eau va aggraver les secteurs en aval et engendrer des inondations.
La situation semble contradictoire : manquer d’eau pendant l’été, puis voir des milliers de litres d’eau circuler en quelques heures. Accuser le changement climatique, plutôt que passer à l'action, alors que des solutions simples existent.
Combien d’eau peut-on récupérer sur un toit ?
Prenons une toiture de 100 m². Avec 20 mm de pluie, elle reçoit théoriquement 2 000 litres d’eau. Avec 50 mm, 5 000 litres. Il suffit parfois d’un léger épisode pluvieux pour remplir rapidement une cuve.
Cette eau peut servir à arroser votre jardin. Pour la consommation domestique, les règles à respecter peuvent vite devenir un enfer. Pour le jardin en revanche, récupérer votre eau de pluie est simple et peut vous faire économiser beaucoup d'argent.
La maison de Christophe Olivier pousse la logique plus loin
Chez Christophe, la réflexion sur l’eau fait partie de la conception de la maison. Dans cette vidéo, il montre comment il la récupère, la stocke, la filtre et l’utilise selon ses besoins, notamment pour le jardin et sa piscine intérieure.
Cette maison montre aussi comment des décisions sur le soleil, les matériaux, l'eau et la circulation de l’air peuvent amener du confort : Christophe explique avoir maintenu 26 °C à l’intérieur quand la température extérieure dépassait 40 °C, sans climatisation. Vous pouvez découvrir ses explications dans la visite complète :
Alors, la France manque-t-elle vraiment d’eau ?
Si d'autres pays ont de vrais manques d'eau, comment peut-on encore prétendre en France avoir un problème de ressources ? Oui, certaines périodes manquent d’eau. Les nappes s’épuisent. Nous devrions prioriser la récupération plutôt que les forages et veiller notamment à bien la capter, la stocker, la filtrer, l'utiliser et la réutiliser.
Tout un monde est à concevoir, et c'est justement ce que l'on vous propose de découvrir en stage. Vous pourrez découvrir les prochaines dates ici
Comment appliquer ces principes chez vous ?
Et si vous visitez une maison, j’ai préparé un petit guide à emporter avec vous. En cochant quelques cases, vous obtenez en quelques minutes un premier score sur ses qualités thermiques et vous repérez les points à vérifier avant de vous décider.


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